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New-York Review of Books
Les Universités [Américaines] en Difficulté
Andrew Delbanco (U. Columbia, NY)
samedi 1er août 2009
par AT
Sur le Web Article original
Traduction de l’article d’A. Delbanco, "The Universities in Trouble", New York Review of Books, 14 Mai 2009.

1.

Depuis que la crise financière s’est accélérée l’été dernier, le monde a complètement changé pour les colleges et les universités, tout comme il a changé pour tous ceux qui n’avaient pas placé d’argent sous leur matelas. En plus des banques, des constructeurs automobiles et des compagnies d’assurance en faillite, les universités ont fait les gros titres, surtout celles dont les fonds gigantesques (celui de Harvard se rapprochait des 40 milliards de dollars avant la crise) ont fortement diminué. L’an dernier, les politiques et les experts se plaignaient de la richesse insolente de ces institutions. Cette année, les anciens reçoivent des e-mails de présidents assiégés les assurant que l’Alma Mater se sortira d’une manière ou l’autre de la tempête.

Les gros titres ont tendance à se concentrer sur l’effondrement des investissements de ces institutions qui a effectivement été spectaculaire. Personne ne sait exactement quelles sommes ont été perdues. Guidés par l’exemple du Directeur en chef des investissements de Yale, David Swensen, dont l’ouvrage Pioneering Portfolio Management a été décrit par le président du comité d’investissement de Yale comme « le meilleur livre jamais écrit sur la gestion de portefeuilles d’investissement institutionnels », les gestionnaires de fonds ont transféré des sommes importantes vers des actifs non liquides à travers le capital-investissement, qui exige généralement des injections périodiques de capital frais, et dont la valeur actuelle est pratiquement impossible à évaluer. Ceci et d’autres versions d’une "approche non conventionnelle de l’investissement institutionnel" (le sous-titre du livre de Swensen, publié pour la première fois en 2000 et réédité récemment sous une forme révisée) a très bien fonctionné pendant les années de prospérité, portant à deux chiffres le taux de retour sur investissement.

Aujourd’hui, les grandes universités font état de pertes de 20% ou plus de leurs fonds propres, mais certains observateurs pensent que le vrai chiffre, au moins dans certains cas, est peut-être plus proche de 50%. Des moyens qui n’auraient jamais été envisagés il y a un an, comme la vente d’actifs fortement dépréciés pour répondre aux besoins d’argent frais ou l’émission d‘obligations à taux prohibitifs, ne sont plus tabous. Et dans le marché actuel, vendeurs et emprunteurs potentiels trouvent peu d’acheteurs ou de prêteurs.[1]

Qu’est-ce que la tourmente financière signifie vraiment pour les colleges et les universités américaines ? Tout dépend à qui l’on demande et à propos de quelle institution. Les administrateurs limitent généralement l’utilisation de leur fonds propres à moins de 5% de leur valeur, calculée en moyenne mobile sur trois ans, ce qui signifie que la dotation des colleges pour lesquels ces fonds sont une source de revenu importante, verront leurs moyens diminués pour plusieurs années, même si les marchés récupèrent plus tôt que prévu. Harvard, par exemple, couvre plus du tiers des 3,5 milliards de dollars de son budget annuel à partir de son fonds de dotation, et elle fait donc face à des déficits de centaines de millions de dollars.

Comme la plupart des colleges américains ont un fonds de dotation inférieur à 1% de celui de Harvard, ils n’ont pas les problèmes de Harvard. Mais ils en ont d’autres. Les sources de revenu dont ils dépendent - les frais de scolarité (pour les colleges privés), les financements de l’état (pour les colleges publics) et les dons annuels des anciens (pour tous) - sont également sous pression. Tout le monde connaît la concurrence frénétique pour intégrer l’une des quelques universités du haut du classement, mais en fait, la plupart des 1500 colleges et universités privés des États-Unis n’attirent pas beaucoup plus de candidats qu’ils ne peuvent en inscrire. Au contraire, ils luttent pour parvenir à leurs objectifs d’inscription, en particulier maintenant que les familles en difficulté se tournent vers les institutions publiques, en général moins chères [2].

Le modèle économique qui prévaut dans les universités privées est celui dans lequel les étudiants relativement aisés payent plus que les étudiants moins bien dotés, même si ceux qui paient « plein pot » (environ 50.000 dollars par an à haut niveau universitaire) contribuent à moins des deux tiers du coût de total leur propre formation, calculé proportionnellement au coût du corps enseignant, des salaires du personnel, des frais d’hébergement, de restauration, de bibliothèque, de médecine, des installations sportives, et des frais généraux (électricité, chauffage, entretien des bâtiments). En d’autres termes, tous les étudiants des institutions privées, sauf pour ceux des établissements à but lucratif, telle que l’Université de Phoenix, sont subventionnés à un titre ou un autre.

Depuis le crash, il est devenu plus difficile de fournir cette subvention, précisément au moment où de nombreux étudiants en ont un besoin accru. Ces besoins des étudiants inscrits ou potentiels sont à la hausse à mesure que les parents perdent leur emploi et voient la valeur de leurs maisons chuter, les rendant incapables d’emprunter, ce qui, jusqu’à récemment, était un moyen répandu pour financer l’éducation des enfants. À l’Université de Syracuse, par exemple, le nombre d’étudiants demandant une aide supplémentaire a augmenté de près d’un tiers par rapport à la même période de l’an dernier. Dans de nombreux colleges privés la pression pousse à inscrire plus d’étudiants pouvant payer au moins une part substantielle des plein droits d’inscription, et moins de ceux qui sont fortement tributaires d’une aide financière [3].

Dans le même temps, les institutions publiques, où les frais ont toujours été maintenu relativement bas par les subventions provenant des recettes fiscales, voient également leur modèle économique en péril. Ces institutions, bien avant la crise actuelle, ont vu ce que Peter Sacks, dans un livre éclairant et plein d’indignation, Tearing Down the Gates : Confronting the Class Divide in American Education, qualifie de « désinvestissement massif" des Etats. L’Université de Virginie reçoit aujourd’hui seulement 8% de son financement de l’État de Virginie, en baisse de près de 30% sur un quart de siècle. A l’Université du Wisconsin, état à forte tradition progressiste, seuls 19% proviennent de fonds publics, chiffre également en baisse de 30% par rapport à il y a dix ans. Pour compenser la baisse des fonds publics, les droits de scolarité dans les universités publiques ont crûs encore plus vite que dans les institutions privées – une tendance qui risque de s’accélérer, au moins dans le court terme [4].

Ce ne sont là que quelques-unes des raisons pour lesquelles les métaphores plaintives, identiques à celles des nouvelles du soir, sortent des bureaux des doyens : il est temps de "se serrer la ceinture" et de "se préparer à la tempête ». Mais les questions demeurent : qu’est-ce que cela signifie vraiment, et comment les colleges et les universités font face à la nouvelle situation ?

2.

Du côté des dépenses on trouve les stratégies habituelles : gel des salaires et des embauches, réduction de personnels par des licenciements ou le non-renouvellement des départs, annulation ou suspension de projets de construction. Peu après que les marchés aient été en chute libre, l’Université de Clemson a annoncé à ses personnels une période de chômage technique obligatoire de cinq jours pour faire face à son déficit. Le Beloit College a licencié 10% de son personnel après que moins d’étudiants que prévu se soient inscrit au dernier semestre, créant une diminution des revenus des droits d’inscription. A Stanford (dont les fonds sont les 3eme les plus importants après Harvard et Yale), les premières projections prévoyaient une baisse de 100 millions de dollars sur deux ans, mais le doyen a annoncé récemment que la réduction doit être achvée dans un délai d’un an [5]. [A Harvard 275 licenciements ont été annoncés en juin 2009].

Du côté des revenus, certaines institutions sélectives (celles qui reçoivent plus de demandes qu’elles n’en acceptent) augmentent le nombre d’étudiants qu’elles inscrivent pour collecter d’avantage de droits d’inscriptions et contribuer à clore leur budget. Les colleges qui normalement attirent beaucoup plus d’étudiants qu’ils n’en acceptent sont peut-être capables d’élargir le nombre d’entrants sans remettre en cause leurs standards académiques, même si les doyens et présidents craignent que si leur institution devient un peu moins sélective, leur position dans le classement de US News and World Report (important jusqu’à l’absurde) soit amenée à reculer. De plus, cette stratégie met à mal les capacités de l’hébergement, des locaux d’enseignement, et des conseillers d’éducation au moment même où de plus en plus d’étudiants, face à un marché du travail réduit, prolongent leurs études et se tournent vers les bureaux d’aide à l’insertion professionnelle et les services de soutien psychologique [6]. Répondre à ces demandes en construisant plus d’hébergement et en embauchant plus de conseillers (sans parler des enseignants) conduirait, bien évidemment, à l’opposé du résultat recherché par un recrutement élargi.

Dans les universités privées moins sélectives, l’augmentation du nombre d’étudiants est une stratégie douteuse. Leur réservoir de candidats s’est réduit à mesure que les familles se tournent vers les institutions publiques plus abordables, particulièrement les community colleges, où les inscriptions sont en hausse. Les étudiants en difficulté financière choisissent en effet des inscriptions en cours du soir ou à temps partiel, leur permettant ainsi de travailler en journée et de vivre à la maison [7]. Dans le même temps, les adultes sans emploi se tournent vers les community colleges dans l’espoir de se former à des emplois nécessitant des qualifications qui leurs manquent. En conséquence, ces établissements font face à des classes surpeuplées et à une surcharge d’enseignement importante – parfois écrasante – pour des personnels déjà débordés qui enseignent beaucoup plus d’heures et sont bien moins payés que leurs collègues des institutions plus prestigieuses. Dans les cas où l’état impose un maximum sur les effectifs de classe, les étudiants se retrouvent à la porte des enseignements qu’ils choisissent ou dont ils ont besoin. Dans pratiquement toutes les institutions – publiques ou privées, en deux ou quatre ans – la part des enseignants à temps partiel, qui travaillent pour des salaires faibles et peu ou pas d’avantages sociaux, est en augmentation [8]. Quant aux personnels à plein temps – des bibliothécaires aux gardiens – ils sont exposés au risque de licenciement, quelle que soit l’institution pour laquelle ils travaillent.

En somme, non seulement la crise financière menace la situation des personnels mais elle dégrade également la qualité des services rendus aux étudiants. Malgré les fortes pertes des plus grosses universités, plus on descend dans la hiérarchie du prestige, pire sont les effets. Par exemple, le Chancelier des community colleges du Connecticut a récemment informé le corps universitaire que la première phase du budget proposé par le gouverneur conduira à limiter le nombre d’inscriptions, réduire les services des bibliothèques et laboratoires, le conseil aux étudiants, les cours de soutien et les crèches. Les choses ne vont pas mieux sur la côte ouest : pour cause de baisse de budget, l’université d’état de San Jose a été forcée de refuser des milliers de candidats pour la première fois de son histoire centenaire [9].

Pendant des années, nous avons assisté à un écart croissant entre établissements riches et pauvres, à la privatisation des universités publiques et aux pratiques d’investissement agressives voire inconsidérées des institutions les plus riches, pour lesquelles l’attrait du gain semble avoir étouffé la conscience du risque. Maintenant, nous assistons également à la diminution drastique du budget des institutions les plus fragiles et vulnérables. L’enseignement supérieur a toujours été un miroir de la société américaine et, pour le moment au moins, l’image qu’il renvoie n’est pas très belle.

3.

Cela dit, par rapport aux américains travaillant dans l’industrie ou les services, la plupart des gens gagnant leur vie dans le milieu universitaire restent relativement protégés de la crise financière. Le pire qu’il puisse arriver à la plupart des universitaires en poste, c’est un salaire stagnant et un départ en retraite différé. Pour les étudiants de troisième cycle et les jeunes vacataires espérant démarrer ou continuer une carrière dans l’enseignement, la situation est plus alarmante dans la mesure ou l’allongement du départ à la retraite entraine la diminution du nombre de promotions et de postes ouverts au recrutement. Mais si l’on passe sur les ennuis des étudiants et des personnels universitaires déjà insérés dans le monde académique, on arrive alors sur les effets les plus inquiétants de l’effondrement de l’économie : de nombreux jeunes qui avaient l’espoir d’intégrer l’université ne seront pas en mesure de le faire.

Avant la crise, leurs chances étaient déjà déclinantes. Au cours des trente dernières années, les États-Unis sont revenus sur leurs efforts d’après-guerre pour élargir l’accès à l’université. A partir du GI Bill [loi de juin 1944 offrant notamment le financement d’études universitaires et professionnelles aux soldats démobilisés], les décennies d’après-guerre ont vu l’injection massive d’argent fédéral dans les vieilles universités (à l’échelle américaine du moins) pour supporter des projets relatifs à la défense, incluant non seulement l’enseignement et la recherche scientifiques, mais également les langues et les études régionales, ainsi que la création de nombreuses institutions – en particulier les community colleges – visant à établir un accès quasi-universel à l’enseignement supérieur. Au cours du dernier quart du 20ème siècle, les États-Unis étaient à la première place pour la proportion des jeunes dans l’enseignement supérieur.

Cette primauté a été obtenue grâce à l’apport typiquement Américain d’argent public et privé, une approche hybride qui, dans une certaine mesure, a existé depuis que la Cour Générale du Massachusetts, dans les années 1600, finançait le Harvard College grâce aux revenus des transports publics (ferry de Charleston), et payait son président directement avec le trésor public. Ces premiers exemples de subventions publiques aux institutions privées – qui prennent maintenant la forme d’exemption de taxes pour les colleges ou de déductions fiscales pour les donateurs – s’apparentaient à une sorte d’abondement, puisque les citoyens étaient supposés suivre l’exemple des magistrats et faire leurs propres dons.[10]

Aujourd’hui la distinction entre privé et public reste ambigüe dans la mesure où les Universités publiques « phares » lèvent des milliards de dollars via leurs fonds privés. Ainsi, à l’Université du Michigan, au terme d’une campagne de levée de fonds de 4 milliards de dollars, on parle régulièrement de « basculer dans le privé », ce qui, selon ses partisans, permettrait d’en terminer avec les remises sur les frais d’inscription faites aux résidents de l’état et donc de compenser la perte des subventions publiques [11].

Mais les partenariats publics-privés qui ont tant fait pour démocratiser l’enseignement supérieur américain, se sont effondrés. En 1976, les bourses fédérales Pell destinées aux étudiants à faible revenu, couvraient 72% du coût moyen de la scolarité dans un college de premier cycle long (4 ans) ; en 2003, les bourses Pell couvraient seulement 38% de ce coût. Dans le même temps, l’aide financière des états est de plus en plus accordée sur la base du « mérite » plutôt que du besoin, ce qui signifie que les bourses vont de plus en plus aux étudiants brillants de familles à hauts revenu, laissant les étudiants méritants de familles modestes sans moyens pour payer leurs études. En 2002, un comité consultatif fédéral a émis un rapport, judicieusement intitulé « Empty promises », qui estimait, selon Donald E. Heller, une autorité dans le domaine de l’économie de l’enseignement supérieur, qu’« au niveau national plus de 400 000 étudiants de familles ayant des revenus inférieurs à $50 000 [ revenu médian des ménages américains] » remplissaient les normes d’admission dans un college de premier cycle long (4 ans), « mais pourtant étaient incapable de s’inscrire en raison de barrières financières. Plus de 160 000 de ces étudiants n’ont intégré aucun college à cause de ces barrières, même pas une institution à cycle court (2 ans). »

Deux ans plus tard, Heller a souligné que le « taux d’admission des étudiants ayant le statut socio-économique le plus élevé et les performances académiques les plus faibles était similaire à celui des étudiants les plus pauvres ayant les performances les plus élevées. » En somme, les enfants brillants et motivés des familles pauvres intègrent l’enseignement supérieur avec la même réussite que les enfants mauvais ou non-motivés de familles beaucoup mieux loties [12].

Cet état de fait est un affront à la prétention Américaine d’être la nation de l’égalité des chances, où le talent et l’effort permettent de surmonter la pauvreté et les préjugés. Aujourd’hui les États-Unis sont à la 10ème place avec l’Australie, l’Espagne et la Suède, derrière le Canada, le Japon, la Corée du sud, la Nouvelle Zélande, la Belgique, l’Irlande, la Norvège, le Danemark et la France en terme du pourcentage de jeunes (25-34 ans) qui ont obtenus un diplôme du supérieur. Parce qu’à l’étranger l’éducation secondaire est généralement meilleure qu’aux États-Unis, la comparaison du niveau d’éducation des américains est probablement pire que ce que suggèrent ces classements. Pour ce qui est du taux des 55-64 ans diplômés du supérieur, nous somme toujours à la première place, ce qui signifie non seulement que ces 30 dernières années beaucoup de pays nous ont surpassés, mais également que dans l’ensemble, les jeunes Américains sont moins bien formés que leurs ainés [13].

Avant le crash, un débat national sur ces tendances alarmantes semblait avoir été entamé. Des éducateurs influents - en particulier William G. Bowen, ancien président de l’Université de Princeton et de la Fondation Andrew H. Mellon – ont affirmés que les enfants prometteurs de familles à bas revenus devraient recevoir un « coup de pouce » pour l’admission dans les universités sélectives, un avantage comparable à ceux qui sont déjà accordés aux enfants d’anciens élèves, aux athlètes et aux candidats issus de minorités. Les propositions de ce genre étaient des réponses au fait que l’admission d’étudiants à bas revenus était extrêmement faible et tendait encore à baisser, et ce à une période de richesse sans précédent des instituions académiques [14].

Jusque récemment, parmi les colleges dits « Ivy plus », seuls Emory et Stanford montraient une augmentation de la proportion d’étudiants éligibles à une bourse Pell - et ces augmentations étaient faibles : 0,5% à Stanford, et 0,2% à Emory. Harvard, et parmi les prestigieux colleges de sciences humaines, Smith et Amherst, ont tenté d’inverser la tendance. Mais maintenant que les ressources se tarissent, il reste à voir si ces efforts vont se poursuivre. A la suite de la fonte de ses fonds, le bureau des admissions de Harvard a annoncé une baisse de 50% de son budget déplacements – signifiant que les recruteurs se déplaceront dans peu d’établissements du secondaire en dehors des « réservoirs » habituels. En faisant cette annonce, Harvard l’a teintée d’un « moins pour le mieux » : « Parce que nous contacterons les gens de manière plus directe, en ligne et par courrier », affirmait le chef des admissions, « nous pensons que nous seront plus efficaces et non moins efficaces. »[15] On verra.

L’année passée, avant que l’économie ne chute, Harvard et Yale (suivies par d’autres Ivies) ont annoncé une très forte augmentation des aides financières qu’elles avaient l’intention d’offrir aux étudiants issus de familles ayant un revenu annuel jusqu’à 200,000 dollars. Étant donné le coût de cette nouvelle politique (estimé à plus de 20 millions de dollars à Harvard), les administrateurs de la Ivy League pourraient y réfléchir à deux fois. À l’époque, certains critiques doutaient qu’il s’agissait d’une utilisation juste des ressources institutionnelles en raison des besoins plus important des familles les moins aisées et de la pression à la baisse des frais d’inscription, entrainant les colleges moins riches à les diminuer pour les candidats relativement à l’aise, se rendant incapables d’offrir des bourses aux candidats en ayant besoin.

Richard Eckman, président du Council of Independent Colleges a qualifié cette nouvelle politique de “discrimination positive pour la classe moyenne supérieure.” Theda Skocpol, ancien doyen de Harvard, s’est interrogé sur le fait que les principales universités des USA ont choisi de rendre "le coût annuel pour des familles aux revenus s’élevant jusqu’au 95ème pourcentile [ 160 000 $/an] plus faible que de la moitié du prix d’une nouvelle voiture de luxe" [16].

Favoriser les riches n’est pas une attitude exclusive des institutions privées. Dans les universités publiques, particulièrement les campus en vue sur lesquels les enfants des riches sont le plus susceptibles d’aller, le système de financement est également régressif. L’attribution de la subvention d’état pour les frais d’inscription à UCLA ou Berkeley ne prend en compte aucun critère de revenus pour les résidents Californiens, ce qui fait qu’un enfant d’enseignant du public peut payer la même chose qu’un enfant d’avocat d’affaire [17]. Toutes ces distorsions suggèrent que quelque chose ne tourne pas rond dans notre système d’enseignement supérieur, en commençant, mais pas seulement, au sommet.

Le fait est que les campus d’Amérique – avec des exceptions notables incluant les community colleges, les colleges historiquement noirs, et quelques institutions privées telles que Berea College dans le Kentucky (Berea ne prend aucun frais d’inscription mais impose à ses étudiants, tous issus de familles à faibles revenus, de fournir un travail sur le campus) – ont récemment exacerbé plutôt que temporisé la disparité croissante des chances et des richesses dans la société Américaine. Trop d’étudiants sont incapable de poursuivre leur formation au delà de l’enseignement secondaire, et parmi ceux qui le font, trop se retrouvent dans des colleges sous-financés et surpeuplés. Un rapport remis en janvier par la Lumina Fondation, "Trends in College Spending" conclu que « l’enseignement supérieur devient stratifié », avec un accroissement des admissions dans les institutions aux plus faibles ressources – les community colleges publics – à mesure que de plus en plus d’étudiants sont « poussés hors des institutions les plus chères ».

Sans doute, une bonne partie du déclin de la population diplômée du supérieur peut être attribuée à la faiblesse des établissements du secondaire, particulièrement dans les zones intra-urbaines et rurales, et aux difficultés sociales qui laissent les jeunes – et de manière disproportionnées ceux issus des minorités – non préparés ou indifférents pour l’enseignement supérieur. Mais beaucoup de jeunes gens brillants et motivés sont exclus du college pour la seule raison qu’ils ne peuvent pas payer, et nous n’avons pas réussi à affronter sérieusement le problème.

4.

Alors que faire ? La question, bien sûr, est devenue plus difficile depuis que d’innombrables milliards de dollars se sont évaporé des institutions et des foyers. Mais il y a des signes de créativité tant chez les éducateurs qu’au gouvernement – et un certain nombre suggèrent que les obstacles à l’accès à l’éducation vont devenir des questions d’intérêt national.

Une approche consiste à réduire radicalement les coûts – et qui a passé du temps dans les institutions académiques ne peut que convenir que le gâchis et l’inertie en sont des caractéristiques marquantes. Bien que les colleges soient connus comme des endroits où les idées progressistes sont politiquement dominantes, ils sont particulièrement conservateurs dès qu’il s’agit d’eux : une fois qu’un enseignement, ou un poste d’enseignement ou de nouvelles installations sont établis, il est très dur de s’en débarrasser. Les chocs financiers actuels pourraient être salutaires s’ils remettaient en question ce qui compte réellement sur chaque campus.

Mais la dynamique aux économies comporte également des risques. Il y a de plus en plus de débats, récemment encouragés par le Sénateur Lamar Alexander, ancien Secrétaire à l’Education et président de l’Université du Tennessee, pour réduire le cursus traditionnel de premier cycle de quatre à trois ans. On perd sans doute beaucoup de temps au college et les longues vacances attendues par les étudiants, particulièrement ceux des familles riches, sont les restes anachroniques d’une époque ou les rythmes saisonniers commandaient le retour des jeunes hommes à la maison pour aider aux récoltes ou aux semences.

Mais l’idée Américaine du college a toujours fait place à une forme d’enseignement libéral ou général, avant ou en même temps qu’un enseignement spécialisé. Supprimer une année laisserait les étudiants, qui sont déjà sous très forte pression pour s’équiper de qualifications vendables sur le marché, moins à même de réfléchir sur l’histoire, la société, et les grandes questions au cœur de l’éducation libérale. Alors que l’idée d’un premier cycle en trois ans fait son chemin aux USA, les éducateurs d’autres nations vont dans l’autre direction : Hong-Kong, allonge de trois à quatre ans le premier cycle universitaire afin de faire place à des enseignements en sciences humaines obligatoires, sur le modèle américain des universités de Columbia et Chicago [18].

Plus encourageante que l’idée d’un cycle en trois ans, la version finale du « plan de relance » issue du compromis entre la Maison Blanche et le Sénat présente un volet d’aide aux étudiants et a été signée le 17 février par le président Obama. Ces aides comprennent un élargissement des crédits d’impôts pour le paiement des frais d’inscription et une augmentation du budget des bourses Pell. De plus, le président et son Secrétaire à l’Education, Arne Duncan, poussent a transformer les bourses Pell en un véritable droit, un programme que le Congrès serait tenu de soutenir et de revaloriser du taux d’inflation, sur le modèle de la Sécurité Sociale et de Medicare. Le plan de relance comporte également des financements importants pour les programmes de formation professionnelle fournissant des chèques éducation que les étudiants des community colleges peuvent utiliser pour régler leurs frais d’inscriptions.[19]

Dans et hors du gouvernement, on prend également conscience que l’ensemble du système d’aide financière doit être révisé, et que les barrières qu’il place entre les étudiants dans le besoin et les colleges ne se résument pas toujours simplement à une question d’argent. Les formulaires FAFSA (Free Application for Federal Student Aid) utilisés par le Département de l’Education sont notoirement complexes et intimidants, ils découragent les étudiants et les familles à faible revenu de s’inscrire à l’université. Les enfants de ces familles sont peu susceptibles d’accepter de s’endetter pour différer le paiement de leur éducation, et ils ont de fortes chances d’être dans des établissements secondaires avec des conseillers débordés et mal formés, qui n’ont ni le temps ni l’expertise pour les aider.[20]

La réponse à ces problèmes la plus complète à ce jour est probablement le rapport publié l’automne dernier par les fondations Spencer et Lumina et le College Board, intitulé "Fulfilling the Commitment : Recommendations for Reforming Federal Student Aid." Ses auteurs appellent à l’élimination du FAFSA et demandent que l’IRS [l’administration fiscale] transmette directement l’information au Département à l’Education, coupant court au labyrinthe des formulaires que les familles ont à remplir pour déterminer leur admissibilité à l’aide du gouvernement fédéral. Au lieu de cela, toutes les familles éligibles à une bourse Pell recevraient automatiquement la notification par courrier du montant que verserait le gouvernement pour le coût des études universitaires. Le rapport demande également un changement des programmes de prêt de manière à ce que la dette contractée pour payer la formation soit remboursée à proportion des revenus post-université ; enfin, et c’est peut être le plus important, il appelle à un programme fédéral visant à établir des comptes d’épargne éducation pour les familles à faible revenu qui pourraient être utilisés au moment où un enfant s’apprête à intégrer l’université.

Ces suggestions ne sont pas utopiques.[21] Elles ne sont pas non plus fondamentalement hostiles au système prévalent de l’enseignement supérieur américain : un système mixte d’institutions privées ou publiques, grandes ou petites, résidentielles ou pas, religieuses ou séculières, à but lucratif ou pas. Ni les améliorations mises en place par l’administration Obama, ni les suggestions mises en avant par les analystes n’élimineront – en fait, elles ne modifieront pratiquement pas – les différences énormes entre, par exemple, les community colleges publics dans lesquels les étudiants se préparent à prendre une place dans la classe moyenne et les colleges privés où les étudiants passent une année à l’étranger, ce que Mitchell Stevens, dans son livre Creating a Class, rapproche du « grand tour » au cours duquel, au 19ème siècle, les enfants des nantis prenaient un peu de vernis social en Europe.[22]

5.

Il y a quelques mois, on m’a demandé de donner une conférence dans le community college d’une ville prospère en son temps mais aujourd’hui sur le déclin, sur la côte sud de la Nouvelle Angleterre. Mon thème était Abraham Lincoln et je n’avais aucune idée du degré d’intérêt qu’il pouvait susciter chez des étudiants dont beaucoup sont issus des minorités, ou de l’immigration récente, ou de familles de cols bleus dans l’adversité. Même il y a un an, je pense qu’un sujet tel que Lincoln n’aurait pas suscité beaucoup d’intérêt. Mais la participation à cette conférence a été particulièrement forte et les étudiants plus qu’attentifs. J’ai senti que l’élection de notre premier président Afro-Américain, ses invocations fréquentes de Lincoln, et sa propre dévotion critique aux idéaux Américains ont encouragé ces étudiants à adopter – peut être pour la première fois – une vision optimiste de leurs propres chances dans la vie et un réel intérêt pour la nation dans laquelle ils arrivent à l’âge adulte.

Ceux qui ont posé des questions – de l’immigrant Indien au natif de Nouvelle Angleterre – ont été sensibles aux efforts de Lincoln pour réconcilier son aversion personnelle pour l’esclavage avec son sens contraignant de la responsabilité collective, aux changements de ses opinions sur la question de l’égalité raciale, et, par-dessus tout, à ses efforts pour étendre et promouvoir l’idée d’égalité des chances en tant que promesse essentielle de l’Amérique. Lorsque j’ai lu à voix haute les mots de Lincoln : « le principal objectif du gouvernement est d’élever la condition humaine, lever les fardeaux artificiels de toutes les épaules, dégager les chemins pour tous et de permettre à tous, sans restriction au départ et avec une chance égale, de prendre part à la course de la vie, » beaucoup hochaient la tête, pas comme lorsqu’on s’endort, mais comme lorsqu’on donne son approbation.[23]

Je suis reparti ce jour-là – le college faisait alors face à des restrictions budgétaires sévères – avec le sentiment douloureux du décalage entre l’espoir grandissant et les chances déclinantes. Je me suis souvenu que dans ce pays nous avons un système d’éducation fortement stratifié où le « mérite » est le slogan omniprésent mais où l’inégalité des chances est souvent la réalité. Même avec tous nos efforts, cet état de fait n’est pas prêt de changer fondamentalement. La crise financière a effectivement rendu ce changement plus difficile. Mais si nous considérons l’avenir de la nation, qui repose sans doute plus que jamais sur des citoyens éduqués, il sera très important de garder à l’esprit une question trop peu considérée pendant les années de prospérité, mais aujourd’hui incontournable et urgente. John Adams l’a résumée il y a quelques 225 ans : « Le peuple tout entier doit prendre lui même en charge l’éducation de l’ensemble de la population, et il doit être prêt à en supporter les coûts. »[24]

15 avril 2009

Notes

1. Sur la débâcle à l’Université de Harvard, voir Bernard Condon et Nathan Vardi, « Harvard : The Inside Story of Its Finance Meltdown », Forbes, 16 Mars 2009, et Steven M. Davidoff “Harvard, Private Equity and the Education Bubble », DealBook, nytimes.com, 3 Mars 2009. Pour une critique de la gestion de ces fonds d’investissement, voir Jim Wolfston, "The New Endowment Portfolio," www.InsideHigherEd.com , 9 Avril 2009.

Une mesure de la manière dont les stratégies d’investissement ont changé de la combinaison traditionnelle d’actions et d’obligations est le fait que les colleges et les universités ont été, directement et indirectement, les victimes d’escroqueries, notamment du système Madoff. L’Université Yeshiva a signalé des pertes de plus de 100 millions de dollars sur des fonds confiés à Madoff, puis a déclaré ce chiffre de « fictif » et a révisé son estimation au montant de son investissement initial, environ 14,5 millions de dollars. L’Université Tufts et l’Université de New-York (NYU) ont estimé leurs pertes à 20 millions de dollars chacune, et NYU poursuit en justice l’administrateur qui a versé des fonds à Madoff.

La Picower Foundation, qui soutient les neurosciences au MIT et la recherche sur le diabète à l’Université de Harvard, a cessé ses subventions, car la plupart de ses fonds ont disparu, et plusieurs projets sur les droits de l’homme financées par la Fondation JEHT (Justice, Egalité, dignité Humaine, et Tolérance) ont été réduits ou arrêtés. L’Université de Pittsburg et l’Université Carnegie Mellon auraient perdu respectivement 65 et 49 millions de dollars qu’elles avaient investis avec Westridge Capital Management, dont les directeurs ont été arrêtés récemment pour fraude. Voir Bill Schackner, "Questions Remain over Management of Pitt CMU Funds," Pittsburgh Post-Gazette , 8 Mars 2009. Pour les institutions victimes de Madoff voir Javier C. Hernandez, "Betrayed by Madoff, Yeshiva U. Adds a Lesson," The New York Times , 22 Decembre 2008 ; Tracy Jan, "Tufts Loses $20m in Madoff Scheme," The Boston Globe , 20 Decembre 2008 ; Nathan Koppel, "Fund Manager Ordered Not to Destroy Madoff Documents," The Wall Street Journal , 25 Decembre 2008 ; June Q. Wu, "Madoff Scam Hits Harvard Medical School Grants," The Harvard Crimson , 21 Decembre 2008 ; Jillian Wagner, "Ethics Center Won’t Get 400k," The Justice (journal des étudiants de Brandeis University), 13 January 2009.

2. Lisa W. Foderaro, "Well-Regarded Public Colleges Get a Surge of Bargain Hunters," The New York Times , 1 Mars 2009.

3. Pour Syracuse, voir David Moltz, "Give or Feel Guilty," www.InsideHigherEd.com , 10 Decembre 2008. S’éloignant de sa politique d’admission, l’Universite Tufts a ete contrainte de considérer les capacités de paiement des etudiants pour 5% des entrants de l’annee prochaine ; voir Scott Jaschik, "A Retreat from ’Need Blind,’" www.InsideHigherEd.com, April 6, 2009.

4. Les administrateurs de l’Université du Massachusetts, par exemple, ont approuvé une augmentation de 1500 $ des frais de scolarité pour la prochaine année universitaire, soit un bond de 15% (de $ 9.548 à $ 11.048) sur l’année en cours. Le coût total de la scolarite, y compris les taxes, le logement, etc, est maintenant de près de $ 20,000. Voir Tony Dobrowolski, "UMass Students to See Significant Fee Increase," The Berkshire Eagle , March 1, 2009.

5. Pour Clemson et Beloit, voir Gabriela Montell, "Cuts, Cuts, et plus Cuts", The Chronicle of Higher Education, 13 Novembre 2008 ; pour Stanford, voir Jack Stripling, "DoubleTake," Inside HigherEd.com, 10 Mars 2009.

6. Voir "An Audit of Mental Health Care at US Colleges and Universities : Focus on Anxiety Disorders" un rapport par l’Anxiety Disorders Association of America, 2007, disponible à www.adaa.org ; et Steven Bushong, "College Counseling Centers Remain Understaffed Though Demand Is Strong, Survey Finds," The Chronicle of Higher Education , 10 Mars 2009.

7. Même les prestigieux colleges de sciences humaines voient la baisse du nombre de candidats. Voir Janet Frankston Lorin, "Williams College’s Applications Drop 20% as Economy Takes Toll," Bloomberg.com, 10 Mars 2009.

8. La plupart des professeurs à temps partiel, avec peu de chances d’obtenir un statut à plein temps, n’ont même pas le statut de stagiaire en tant que membres de l’institution. En raison de leurs faibles rémunérations, beaucoup n’ont d’autre choix que d’enseigner dans plusieurs écoles en même temps, et alors qu’ils sont souvent talentueux et dévoués, il est prouve que l’apprentissage de l’élève diminue quand la part des professeurs à temps partiel augmente.

Voir Peter Schmidt, "Use of Part-Time Instructors Tied to Lower Student Success," The Chronicle of Higher Education, 14 November 14, 2008. A UCLA, où le nouveau budget ne permettra de fournir un nombre suffisant de séminaires par rapport à la demande, la faculté a voté à l’automne dernier l’annulation de la regle par laquelle tous les élèves du College of Letters and Science doivent s’inscrire à au moins un séminaire : voir Caitlin Moran, "UCLA Faculty Leaders Vote to Suspend Seminar Requirement," The Chronicle of Higher Education, 6 Novembre 6, 2008.

9. Lisa M. Krieger, "San Jose State University Rejects 4,400 Prospective Freshmen," MercuryNews.com, 25 Mars 2009.

10. Cotton Mather, dans American Higher Education : A Documentary History edite par Richard Hofstadter et Wilson Smith (University of Chicago Press, 1961), Vol. 1, p. 16 ; Margery Foster, ’Out of Smalle Beginnings...’ : An Economic History of Harvard College in the Puritan Period (Harvard University Press, 1962), p. 105

11. Dave Gershman, "Legislative Study Group Explores Idea of Privatizing the University of Michigan," Ann Arbor News , 18 Decembre 2008.

12. Donald E. Heller cité dans Paul Attewell et Davd E. Lavin, Does Higher Education for the Disadvantaged Pay Off Across the Generations ? (Russell Sage Foundation, 2007), p. 199 ; Donald E. Heller, "A Bold Proposal : Increasing College Access Without Spending More Money," Crosstalk , Automne 2004 ; et Brian K. Fitzgerald et Jennifer A. Delaney, "Educational Opportunity in America," Condition of Access : Higher Education for Lower Income Students, edité par Donald E. Heller (ACE/Praeger, 2002).

13. Les données récentes compilées par l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economique (OCDE) et résumée dans un rapport de Février 2009 de la Lumina Foundation intitulé "A Stronger Nation Through Higher Education," disponible à www.luminafoundation.org. Pour une critique de ces données, voir Clifford Adelman, "The Propaganda of International Comparisons", InsideHigher Ed.com, Décembre 15, 2008. Adelman doute que la comparaison de la population diverse de 310 millions d’Américains avec par exemple 5,4 millions de Danois soit un plaidoyer convaincant du déclin relatif de l’Amérique.

14. "Despite Surging Endowments, High-Ranking Universities and Colleges Show Disappointing Results in Enrolling Low-Income Students," The Journal of Blacks in Higher Education , Automne 2007.

15. Jillian K. Kushner, "Admit Office Slashes Travel Budget," The Harvard Crimson , 3 Mars 2009.

16. Richard Ekman, "Free Ride to College ? Bearing the Brunt of Challenging Expectations on Who Should Pay for College," University Business , Avril 2008 ; Theda Skocpol et Suzanne Mettler, "Back to School," Democracy , Automne 2008. Pour mon propre point de vue de la question, voir "Ivy-League Letdown" (co-ecrit avec mon collegue Roger Lehecka), The New York Times , 22 Janvier 2008.

17. Thomas J. Kane, The Price of Admission : Rethinking How Americans Pay for College (Brookings Institution Press/Russell Sage Foundation, 1999), p. 132. Pour plus d’informations sur le coût les aides financières dans le système d’éducation publique de Californie, voir Robert J. Birgenau, Mark G. Yudof et Christopher F. Edley Jr., Challenges to Public Universities," Bulletin of the American Academy of Arts and Sciences , Winter 2009, p. 37.

18. Voir George Keller, "Why Colleges Should Offer 3-Year Diplomas," The Chronicle of Higher Education , 14 Novembre 2008 ; et Scott Jaschik, "The Buzz and Spin on 3-Year Degrees," www.InsideHigherEd.com , 17 Fevrier 2009. Sur les réformes de Hong Kong, voir Mara Hvistendhal, "They’re Hiring in Hong Kong," Chronicle of Higher Education , April 3, 2009.

19. Megan Eckstein, "Community Colleges See Stimulus Bill as Bonanza for Their Students," The Chronicle of Higher Education , 17 Fevrier 2009.

20. Voir Christopher Avery et Thomas J. Kane, "Student Perceptions of College Opportunities : The Boston Coach Program," dans College Choices : The Economics of Where to Go, When to Go, and How to Pay for It, edite par Caroline M. Hoxby (University of Chicago Press, 2004). Plusieurs fondations philanthropiques privees, notamment la Jack Kent Cooke Foundation, la Lenfest Foundation, and la New York Times Company Foundation, ont fait un travail exemplaire d’identification et d’encadrement des étudiants à faible revenu et les aident à l’université.

21. Pour une suggestion utopique – faute d’etre un idéal admirable - voir Joseph A. Soares, The Power of Privilege : Yale and America’s Elite Colleges (Stanford University Press, 2007), p. 197. Soares propose que « ... les colleges d’élite devraient viser un premier objectif de recrutement d’au moins 25% d’étudiants des deux quartiles inferieurs du statut socio-économique (SES). »

22. Le livre de Stevens détaille de nombreuses raisons pour lesquelles "au moment ou les adolescents de 17 ans de la classe moyenne supérieure s’assoient pour remplir leur demandes, l’essentiel de course vers les colleges d’élite est déjà faite, et ils bénéficient déjà d’une avance confortable. "

23. Lincoln, Message au Congres, 4 Juillet 1861.

24. John Adams à John Jebb, 10 Septembre 1785, cite dans The Adams-Jefferson Letters, edite par Lester J. Cappon (Simon and Schuster, 1959), p. 480.

 
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