Première réussite du plan licence lancé en décembre 2007 : avoir mobilisé la quasi-totalité des universités sur des propositions pour accompagner les étudiants. La carotte ministérielle est de 730 millions d’euros, à répartir à hauteur des investissements des universités dans la lutte contre l’échec en premier cycle. L’objectif fixé par Valérie Pécresse est de le diviser par deux d’ici à 2012. Elle rendra publiques les seize meilleures maquettes de licence rénovées, lors de sa conférence de rentrée le 18 septembre 2008. Un exercice difficile au moment où les organisations étudiantes et enseignantes rappellent la contradiction de ce plan avec l’annonce des 900 suppressions de postes dans le supérieur et la recherche. Quelle chance le plan « réussir en licence » a-t-il de se traduire concrètement sur le terrain ? Présidente de la commission pédagogie à la CPU et présidente de l’université du Val-de-Marne, Simone Bonnafous donne son point de vue sur le sujet.
Que pensez-vous de ce plan licence ?
On ne peut qu’adhérer à sa philosophie. Il n’est plus tabou de parler de pédagogie à l’université. Dès la rentrée, des dispositifs vont se généraliser, par exemple pour le suivi des étudiants de L1, ou l’instauration des bureaux d’aide à l’insertion professionnelle, etc. Mais ce plan ne constitue pas pour autant une révolution. Certains éléments comme la progressivité des cours en licence, l’anglais, l’informatique, les unités de méthodologie étaient déjà au programme de la réforme LMD. Je dirais que la mise en musique est plus forte. La pédagogie au service de l’étudiant est réhabilitée, elle redevient un objectif prioritaire.
Parmi toutes les mesures d’accompagnement, laquelle vous semble la plus efficace ?
C’est très difficile de répondre, car cela supposerait d’isoler chaque dispositif pour mesurer son effet. Personnellement, et bien que mon université l’ait mis en place, je ne suis pas forcément convaincu par l’augmentation du nombre d’heures de cours en L1. Je ne crois pas tellement aux incidences mécaniques de ce type de mesure. Car la réussite passe par beaucoup d’autres paramètres comme le travail individuel ou la motivation. Enfin, je pense qu’il y a encore beaucoup à faire en matière de contrôle des connaissances, qui constitue selon moi le point aveugle de l’enseignement supérieur. Il n’y a pas de réflexion sur ce qu’on cherche à valider chez les étudiants, en termes de connaissances mais aussi de compétences écrites ou orales.
L’orientation active permet-elle de réduire l’échec en licence ?
Peu d’étudiants y ont recours et ceux qui le font ont déjà le plus de chances de réussir en fac. La question est : quelle solution alternative propose-t-on à ceux à qui l’on déconseille de s’inscrire à l’université ? Il faudrait plus de conseillers d’orientation pour trouver à ces jeunes d’autres filières plus adaptées.